L'intestin
grêle... Encore un organe bien belge, pense-t-on, qui drache et
mouille abondamment !
Et
non ! S'il grêle, c'est en privé, bien au chaud, au creux d'un de
nos espaces intérieurs, ceux qu'on oublie tout le temps. A vrai
dire, ceux auxquels on a pas trop envie de penser. Des années
d'affiches pour la prévention du cancer de nos entrailles nous les
ont fait les occulter, nier et finalement disparaitre de notre
conscience.
Et
jusqu'à un certain point, ça marche ! « La grêle, ça
n'arrive qu'aux autres », « S'il grêle, c'est qu'il doit
grêler », ou « j'vais t'en foutre, moi, une grêlée
intestinale » sont autant de faux-fuyants, de leurres,
persuadant l'homme du 21ème que ses viscères sont aussi jolis que
son corps d'athlète, ou que son corps tout court.
Pourtant,
si l'intestin grêle, en plus d'avoir ses raisons, c'est avec
entrain.
Avec
ses mètres et ses mètres de longueur, sa grêle se fait ondulation.
Ses
torsades envoutantes provoquent des sons primaires, tout droits
sortis d'un univers australien plein de didjeridus qui râlent et de
crapeaux-buffles qui pètent.
Ses
lovages ordonnés sont pour le poète autant que pour le compulsif de
l'ordre une preuve de l'existence de dieu.
Sa
serpentine attitude fascine le soldat américain éventré autant que
le tortionnaire rigolo au bistouri.
Ses
brusques sursauts nous enchantent ou nous font courir plus vite qu'à
l'habitude dans ces lieux que l'on dit de commodité...
En
bref, l'intestin, lorsqu'il grêle, ne suscite ni l'indifférence, ni
l'immobilité.
Photo
: Bob Intestin, Julie Pancréas et Marlène Foie, au symposium annuel
des armes de destructions massives, La Grêle, USA.
Photo
: Bob Intestin, Julie Pancréas et Marlène Foie, au symposium annuel
des armes de destructions massives, La Grêle, USA.
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